• Emmanuel CORRE

L’éco-innovation Acte III, une source inépuisable d’opportunités pour les entreprises


1- Comment intégrer l’éco-innovation dans la stratégie de votre entreprise :

L’éco-innovation est le développement et l’application d’un modèle économique, façonné par une nouvelle stratégie d’entreprise intégrant le développement durable au sein de toutes les opérations menées par l’entreprise. Cela implique un ensemble d’adaptations voir de nouvelles solutions pour les produits (biens et services), les procédés, l’approche marché et la structure organisationnelle menant à l’amélioration de la performance, à la compétitivité d’une entreprise et à sa résilience aux vues des changements climatiques qui se profilent.

L’éco-innovation implique un changement de stratégie économique. Il doit y avoir une décision éclairée et un engagement fort pour intégrer la notion d’ éco-innovation dans la stratégie de l’entreprise. Une fois que la décision est prise, on doit embarquer l'ensemble des équipes pour le long voyage vers la pratique de l’éco-innovation. Cette stratégie doit se diffuser partout, du niveau stratégique au modèle économique. Les changements au niveau du modèle économique préparent ensuite le terrain pour qu’aient lieu des changements au niveau opérationnel (produits de l’entreprise, clientèle, les canaux de distribution, relations clients, sources de revenus, procédés de production, activités clés, partenaires et structure de coût) mais aussi au niveau des ressources primaires nécessaires à la production des biens et services ainsi que le traitement de ces produits lors de sa fin de vie. L’éco-innovation est ainsi principalement une démarche « topdown», qui s’initie avec un changement dans la stratégie de développement de l’entreprise.

L’Eco-innovation exige une approche holistique. L’éco-innovation doit être holistique en considérant toutes les étapes du cycle de vie d’un produit, de l’extraction des matières premières jusqu’à la fin de vie. Ainsi, cet effort garantit que le temps et les efforts passés sur l’éco-innovation participent à faire des progrès significatifs devant les menaces principales affrontées par l’industrie et non simplement déplacer le problème d’une étape ou d’un partenaire de la chaine de valeur à un(e) autre du cycle de vie ou d’une catégorie de problèmes à une autre.

L’Eco-innovation demande une coopération à travers toute la chaîne de valeur : La chaîne de valeur fonctionne en parallèle du cycle de vie du produit. Ainsi, si l’entreprise veut adopter la perspective de cycle de vie décrite ci-dessus, elle aura aussi besoin de considérer les autres acteurs de la chaîne de valeur. La collaboration avec d’autres acteurs pertinents peut aider à maximiser l’impact des activités d’éco-innovation. L’entreprise doit permettre aux acteurs de la chaîne de valeur de prendre part à l’action afin d’avoir une plus grande influence sur les problèmes de durabilité. Il peut être difficile d’accéder, de comprendre et de passer à l’action dans ces domaines critiques de la chaîne de valeur si on travaille seul. Initier ces collaborations dans la chaîne de valeur demande de construire de nouvelles relations entre fournisseurs, fabricants, distributeurs, clients, sociétés spécialisées dans la collecte et le réemploi ou sociétés spécialisées dans le recyclage par exemple. Adapter ou Construire un nouvel éco-système représente donc une part importante du défi de l’éco-innovation pour l’entreprise. Ce montage demandera probablement du temps; il est donc primordial de commencer la démarche dès que possible!

L’Eco-innovation explore les trois piliers du développement durable : Economie, Social et Environnement – Cela est d’autant plus important que, jusqu’à présent, la plupart des entreprises se sont concentrées exclusivement sur le bénéfice économique qu’elles tirent de leurs activités. Certaines se sont lancées dans une démarche RSE mais rares sont celles qui ont réussies à ce stade à rendre cohérent et indissociable les composantes économiques, innovantes, sociales et environnementales. Les crises géopolitiques actuelles et sous-jacentes ainsi que les changements climatiques imposent de nouvelles règles à nos entreprises. De plus, elles se doivent d’offrir des avantages sociaux à leurs clients, employés, et parties prenantes (e.g. améliorer l’égalité des sexes, de meilleurs salaires et conditions de travail, une plus juste répartition des profits tout au long de la chaîne de valeur, etc.). Ce sont les nouveaux défis des entreprises qui seront déterminants pour la viabilité de leur modèle économique et pour leurs perspectives à long terme.


2- L’Eco-innovation, un levier pour relever les défis qui nous attendent.

Dans les dernières décennies, les leaders de l’industrie manufacturière ont progressivement reconnu que les menaces liées au développement durable, telles que le changement climatique, le bien-être des travailleurs et les contraintes sur les ressources, ont un impact significatif sur la manière dont ces industries mènent leurs affaires. Ces menaces font émerger des forces motrices amenant du changement dans la manière dont les industries fonctionnent. Conserver une approche “business as usual” laissera les entreprises incapables de réagir face à des problèmes tels que la hausse des coûts énergétiques, des perturbations d’approvisionnement de leurs matières premières ou des changements de réglementation. Finalement, les entreprises qui ne passent pas à l’action aujourd’hui courent un grand risque d’échec à l’avenir. On voit par exemple les impacts économiques dramatiques qu’ont la hausse du prix de l’acier ou de l’aluminium sur des entreprises industrielles du bâtiment. Avec 135% d’augmentation de l’acier en 2022 par rapport à 2020, certaines entreprises ont littéralement vu leur marge disparaitre. Par conséquent, il existe un besoin croissant de trouver des approches alternatives qui puissent aider les entreprises à tendre vers un modèle économique plus résilient tout en offrant des opportunités pour la croissance, la réduction des coûts et des avantages concurrentiels. L’éco-innovation est une approche qui vise à satisfaire toutes ces exigences en identifiant les principales menaces et opportunités sur le développement durable. La méthode cherche ensuite à les utiliser afin de conduire des changements au sein de l’entreprise et de sa chaîne de valeur, de la stratégie d’entreprise et du modèle économique à un niveau opérationnel. Lorsqu’on commence à développer des services de mise en œuvre de l’éco-innovation, il est important de comprendre ce à quoi ressemblera l’analyse de rentabilité de l’action du point de vue de l’entreprise. Les expériences des industries ayant mis en œuvre l’éco-innovation avec succès ont souligné combien cette dernière peut ajouter de la valeur à une entreprise.

Au fait, Qu’en est-il de l’application de l’Accord de Paris ?

En 2015, l’Accord de Paris fixait une réduction d’au moins 40% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport aux niveaux de 1990. Pour rappel, son objectif principal était de limiter le réchauffement climatique à un niveau inférieur à 2°C par rapport au niveau préindustriel ; idéalement 1,5°C. L’accord de Paris a fixé aussi la neutralité carbone à 2050. Nous en sommes loin et pour cause : Pas de politique ambitieuse sans une planification écologique contraignante. Les dernières réglementations européennes en la matière ont constamment été bousculées par les lobbies de l’énergie, de l’automobile, de l’agro-industrie… En somme, les plus gros émetteurs de GES. Autre facteur, la presse est longtemps restée climato-neutre : pas ou peu d’articles sur le changement climatique ces trois dernières décennies. Parler du changement climat n’est pas attrayant sauf si on peut montrer des images chocs des incendies zombies en Sibérie ou des inondations gigantesques en Allemagne. De là à laisser la parole à des scientifiques qui expliquent à nos concitoyens qu’ils vont devoir diviser leur émission de C02 par 4, il y a des limites. A l’école, c’est pas vraiment mieux. Quelques groupes d’étudiants se rebellent devant leur universités refusant l’avenir qu’on leur impose mais c’est loin d’être une généralité. La plupart des formations ne sont pas cohérentes avec les bouleversements majeurs que nous réservent le changement climatique. Depuis plus de 20 ans, les rapports du GIEC sont de plus en plus alarmants. Ils s’empilent malgré tout sur le bureau de nos dirigeants successifs aussi ennuyeux et encombrants que les rapports de la cour des comptes. Mais voilà, 2030 c’est dans 8 ans! Les plus optimistes disent qu’il nous reste 3 ans pour agir massivement avant un véritable emballement. 7 années se sont passées sans réel changement, beaucoup de discussions stériles face aux climato-sceptiques et des promesses non tenues. De manière factuelle, lors de ces 10 dernières années, la seule période ou nos émissions de CO2 ont baissé est lors du confinement de 2020 mais elles ont redémarré de plus belle en 2021. A ce rythme, nous n’aurons atteint que 10% de l’objectif en 2030.

Pourquoi l’Europe qui s’est construite sur le besoin de sauvegarder nos droits fondamentaux n’a-t-elle pas pris le taureau par les cornes? S’est-elle fait endormir par les nombreux lobbies et l’économie de marché au point d’oublier l’avenir de ses compatriotes? Contrairement à ce que l’on pourrait croire, nombreuses sont les entreprises qui sont prêtes à changer de cap. D’ailleurs, plus elles sont petites plus elles se sentent vulnérables aux effets dévastateurs du changement climatique. De toute évidence, c’est l’instinct de survie des femmes et les hommes constituant ces PME qui ont compris que ne pas agir c’est mettre en péril un peu plus chaque jour leur avenir. Les entreprises sont habitées à s’adapter en permanence à leur environnement. Mais sans véritable boussole, elles restent attentistes dans l’expectative d’appliquer de nouvelles règles du jeu. Continuer d’innover pour survivre, évidement ! Oui mais avec quels objectifs et par quels moyens? La communauté scientifiques est formelle: A ce stade des connaissances, la technologie ne résoudra pas les problèmes dus aux changements climatiques. Il va donc falloir trouver d’autres manières de traiter le problème. Ajouter à ça, on assiste à une envolée du prix des matières premières et de l’énergie qui va nous contraindre à réduire considérablement nos consommations. Depuis le début de la guerre en Ukraine, nous testons à grande échelle et dans des conditions réelles les difficultés approvisionnement en énergies. L'ensemble de notre modèle économique est mis à rude épreuve et nous pouvons considérer que c'est un bon exemple de ce que pourrait être l'effet du changement climatique sur nos approvisionnements dans le futur. L’équation politique devient de plus en plus complexe : moins d’énergie, moins de matières premières, moins de rendement, moins de pouvoir d’achat, tout en promettant plus de croissance ? Nous allons devoir réfléchir différemment pour retrouver un certain équilibre. Jusqu’ici, tout est encore supportable mais pour combien de temps ? L’éco-innovation est une opportunité pour nos entreprises: Imaginer des biens et des services facteurs de progrès tout en sauvegardant notre environnement.

C’est par une réflexion systémique et approfondie de la situation que nous arriverons à préserver l’ensemble des éléments qui constituent notre environnement ; c’est ainsi qu’il faut traiter les causes du réchauffement climatique.

Par exemple, ce n’est pas en ajoutant des agro-carburants sur le marché que nous allons atténuer le changement climatique bien au contraire : Consacrer une partie de nos surfaces agricoles à la culture de céréales destinées aux combustibles augmente notre consommation d’intrants et appauvrit nos sols déjà bien sollicités. De plus, substituer nos carburants dits fossiles par des énergies alternatives aura certes un impact positif sur les GES mais aussi un impact négatif sur la pollution des sols et la sauvegarde de la biodiversité. Mettre en place une démarche d’éco-innovation nécessite donc une réflexion systémique et approfondie afin de connaître les réels impacts de nos inventions sur notre environnement. Dans cet exemple, on peut aussi démontrer qu’un effet collatéral du développement des agro-carburants est l’emprise foncière sur des terres agricoles nourricières. Plus d'agro-carburants c'est moins de céréales mis sur le marché mondial. Remis dans le contexte géopolitique actuel, les agro-carburants sont une nouvelle aberration promis par la chimie "verte".

A ce stade, nous sommes contraint de subir le changement climatique et la technologie ne nous sauvera pas du dérèglement qui est en route. Notre seul issue est donc de s’adapter et de réinventer le monde de demain. L’éco-innovation va donc devenir une arme incontournable pour lutter contre ce bouleversement majeure du 21eme siècle.


3- Eco-innovation – De nouvelles opportunités s’ouvrent à nous. Le changement climatique va nous imposer de profondes modifications dans notre façon de concevoir et de gérer l’ensemble des choses qui constitue notre environnement: Produits, services, process, organisations vont devoir être revus, adaptés voir réinventés pour pouvoir répondre à nos nouveaux besoins vitaux. Pour les entreprises, c’est un gisement infini d’opportunités dans la création de nouvelles activités ou de nouvelles offres. Les sociétés les plus agiles et les nouveaux entrants utiliseront l’éco-innovation pour investir de nouveaux marchés. Elles utiliseront l’éco-innovation pour devenir les nouveaux leaders sur des marchés existants ou en sur des marchés en pleine mutation. De nombreux signaux faibles issus du changement climatique et des crises géopolitiques actuelles donnent les contours du monde qui nous attends pour les 3 prochaines décennies. C’est le cas par exemple des difficultés d’approvisionnement de certaines matières premières ou la disponibilité des énergies fossiles. Comment concevoir avec moins de matière première ? comment diminuer drastiquement nos consommations d’énergies pour la fabrication ou l’usage de nos produits et services ? Comment utiliser différemment les produits et les services en place ? Comment réutiliser les matériaux à disposition (recyclage des déchets, réemploi, …) ? Comment adapter notre environnement aux sécheresses chroniques ? Comment lutter contre les inondations et la submersion ?

Autant de questions qui vont exiger de nombreuses solutions technologies, réglementaires, sociales, … l’éco-innovation sera au cœur de la plupart des projets. Si l’on prend par exemple, le cas des mines urbaines, loin de l’image du début du 20eme siècle, on ne s’imagine pas que l’Europe est assise sur un tas d’or. Notre consommation frénétiques d’électroniques et de produit électromécaniques en tout genre depuis trois décennies nous ont permis d’accumuler plusieurs milliers de tonnes de métaux de toutes catégories et pour certains rares et stratégiques. Si une véritable filière de traitement de ces déchets était développée sur le sol européens, l’Europe pourrait probablement répondre au moins à 30% de ces besoins en métaux stratégiques dans les 10 prochaines années. Autre exemple, le groupe Orange, l’heureux héritier du réseau de télécommunication française va pouvoir démanteler dans les années à venir son infrastructure cuivre au profit d’un nouveau réseau fibre. On évalue à plus de 8Mds€ la valorisation du matériau cuivre en place ! Une véritable mine urbaine pour l’entreprise. Les opportunités ne manquent pas : Economie de la fonctionnalité, économie circulaire, réemploi, réutilisation, recyclage, …etc c’est un véritable gisement d’éco-innovation qui se présente pour nos entreprises. Nous avons peu parlé du secteur des Greentech et des petites révolutions qui s’annoncent : Production d’hydrogène ou pétrole vert, développement d’hydrolienne ou encore captage de CO2. Nombreuses sont les startups qui veulent révolutionner le domaine de la production d’énergie, accélérer la transition écologique ou encore réduire massivement nos émissions de GES. Ce secteur est plébiscité par l’Europe et capte de nombreux financements. Comme toute éco-innovation, Il faut toutefois vérifier de manière systémique le réel facteur de progrès pour les populations et les véritables avantages pour lutter contre le réchauffement climatique. Si développer des bétons bas carbone servent uniquement à justifier l’engagement du secteur du BTP dans sa réduction d’émission de GES sans pour autant réduire la quantité de béton utilisé : C’est une simple aberration pour le climat. Quid de la biodiversité détrute par l’étalement urbain et les infrastructures? Quid de l’enfouissement sans vergogne de milliards de tonnes de déchets issus de la construction ? Pourquoi ne pas plébisciter plutôt les matériaux bio sourcés ou les projets autour de l’économie circulaire ? Quid de la sobriété sur l’usage des matières premières et de l’énergie nécessaire à leur transformation ? Chaque secteur d’activités va devoir justifier de critères et d’indicateurs fiables sur leur éco-innovations. Ces indicateurs devront être reconnus par la communauté scientifique et choisis pour leurs impacts positifs sur le climat. Les études d’impacts sont complexes, elles nécessiteront probablement beaucoup de débats et d’arbitrages mais ce processus sera vertueux pour un développement soutenable de nos activités. L’analyse de cycle de vie est par exemple un outil qui a fait ses preuves depuis plus de 20 ans. Les bases de données auxquelles se référent les analyses sont actualisées sans cesse par l’ensemble des connaissances scientifiques. L’analyse de cycle de vie est aujourd’hui normalisée au niveau international. Dans l’emballage par exemple, il existe plusieurs exemples réussis d’éco-innovations. Ces 10 dernières années, nombreuses sont les structures qui se sont créées autour de l’économie circulaire et le réemploi de contenants : bouteille en verre, fut en inox, emballage de restauration réutilisable, …etc. De la collecte à la remise sur le marché en passant par le tri et le nettoyage, ces sociétés œuvrent principalement au sein d’écosystèmes économiques locaux et sont souvent adossés à des structures de l’ESS (Économie Sociale et Solidaire). Leur impact environnemental est systématiquement contrôlé et leur implication sociale est facilement mesurable par un nombre croissant d’emploi créés sur le territoire.


4-Eco-innovation – Low Tech vs High Tech ?

On assiste depuis une dizaine d’années à l’émergence de nombreux événements autour de la High Tech : Le CES de Las Vegas, L’IOT Solution Word Congress à Barcelone, Viva Tech à Paris, …etc. Ces salons regorgent de technologies en tous genres démontrant la dynamique des startups et autres licornes en puissance. Que ce soit dans les secteurs du divertissement, de la santé, de la mobilité, du bâtiment ou encore de l’industrie, l’avènement du digital booste l’ensemble de ses secteurs et génère une véritable overdose d’innovations ! Comment qualifier les vertus de toutes ces innovations technologiques ? Au-delà de notre quotidien et du coté futile, existe-t-il des indicateurs objectifs qui pourraient démontrer de la véritable avancée qu’apporte telle ou telle technologie à l’humanité ? Par exemple, déployer la technologie 5G dans le secteur industriel permettra d’optimiser les flux logistiques et la productivité tout en réduisant la consommation d’énergie pour le transport de marchandises. A l’inverse, l’utilisation de la 5G dans le divertissement, nécessitera de nouvelles infrastructures et de nouveaux serveurs pour accélérer la diffusion de contenus qui augmenteront globalement notre impact environnemental par la production et l’utilisation de nouveaux équipements numériques. A ce jour, 80% de la bande passante d’internet est utilisé à des fins futiles et consuméristes. Ne devrions-nous pas instaurer un quotas d’utilisation ou éduquer les utilisateurs à la sobriété ? Comment limiter le déploiement d’infrastructures tout en conservant les avantages de la technologie?

Dans le secteur médical, les nouvelles technologies d’imagerie et de réalité mixte nous permettront de faire des diagnostics plus poussés et d’améliorer les techniques opératoires. A l’inverse, dans le domaine du divertissement, que ce soit de la réalité augmentée à la réalité virtuelle, nous allons assister à un déferlement de casque en tous genres qui permettront à l’homo sapiens que nous sommes de se projeter sur Mars et de découvrir le cratère Jezero en 3D. C’est super ludique et parfois bluffant mais quelle sera l’impact environnemental et social de la généralisation de ce type d’innovation ? Ne sommes-nous pas en train de nous couper de la réalité qui nous fait peur et que nous fuyons ? Serons nous prêt demain à affronter la vraie vie quand celle-ci nous rappellera à l’ordre.

Bien choisir les technologies en fonction de nos réels besoins est donc essentiel. Connaître les impacts de son innovation sur notre environnement doit être une démarche systématique pour justifier de l’indicateur de progrès véritable. Nous devrons à terme qualifier ces technologies selon des critères reconnus par la communauté scientifique et éduquer les utilisateurs à la sobriété numérique par exemple. La valorisation financière des technologies ne devrait pas non plus limiter leur utilisation aux plus argentés. Ces technologies devraient tout d’abord servir le bien commun avant d’être déployer massivement à des fins commerciales. Par exemple, l'économiste Philippe Batifoulier considère que « le régime du brevet est un obstacle à l'accès aux soins. N'importe quelle découverte médicale ne sert strictement à rien si les gens n'y ont pas accès ».

Qui dit sobriété ne dit pas non plus systématiquement Low Tech ou décroissance !

Il n’y a pas lieu d’ailleurs d’opposer les Low tech aux High Tech. Chacune doivent contribuer au bien commun et doivent donc répondre à des critères d’évaluation environnementale et sociale. Les Low tech sont par définition un ensemble de technologies utiles, durables et accessibles à tous. Les low-tech s'appuient sur ses 3 piliers. Par son utilité, elles apportent des savoir-faire et des technologies pour par exemple un meilleur accès à la santé, un accès à l'alimentation ou encore à l’eau potable. Les technologies Low-tech doivent être accessibles à tous pour permettre à chacun d'être acteur de son avenir.

Avec une approche respectueuse, les low tech invitent à revenir à l'essentiel, en opposition au high-tech qui militent pour l’abondance et le monde infini ! Elles apportent une autre philosophie, une façon différente d’imaginer le monde de demain. Avec une approche durable, elles se démarquent de la high-tech qui ne prend pas compte généralement le respect de l’environnement. Les Low Tech s'approchent du concept DIY (Do It Yourself) car elles privilégient un savoir-faire commun et partagé au plus grand nombre. Les low tech sont apparues dans les années 1970 où la question de l'écologie commence à être évoquée. Ernst Friedrich Schumacher en est d’ailleurs un précurseur avec une approche de la déconsommation. Ne dénigrons pas la High Tech en l’opposant à la Low Tech, les deux sont nécessaires à la construction de notre avenir. Cependant, il est clair que la High Tech doit faire son mea-culpa environnemental et social. C’est sa raison d’être qui doit être redéfini par rapport aux attentes de notre société. L’éco-innovation est dans de nombreux cas un savant mélange de ces deux concept technologiques qu’ils ne faut pas opposer mais utiliser de manière complémentaire.


5- Eco-innovation – Audit et Conseils, Pourquoi se faire accompagner ?

L’éco-innovation fait appel à de nombreuses spécialités : De la mise en place de la meilleure stratégie d’innovation jusqu’au déploiement opérationnel en passant par l’analyse de cycle de vie, les étapes du process d’éco-innovation nécessitent l’intervention de nombreux experts. Comme évoqué précédemment, L’éco-innovation demande une analyse systémique et approfondie de l’environnement dans lequel l’entreprise évolue. C’est prendre en compte par exemple les impacts directs et indirects liées à la conception ou de l’utilisation du produit ou d’un service. C’est par exemple faire une analyse objective d’une nouvelle organisation ou d’un nouveau business model selon des indicateurs environnementaux objectifs. Le monde dans lequel les entreprises naviguent est complexe et mouvant. Les nouvelles technologies nécessitent parfois de nombreuses d’études d’impacts avant de révéler leurs véritables bénéfices. On pourrait par exemple plébisciter sans vergogne la voiture électrique si on faisait abstraction de l’augmentation constant du poids des véhicules depuis 10 ans avec le déploiement fulgurant des SUV. La voiture électrique sera neutre en carbone à condition de consommer principalement de l’énergie nucléaire, cas unique en France mais à l’échelle du monde c’est une aberration. Pour autant, un moteur électrique avec ses systèmes de contrôle /commande a un rendement proche des 90% alors qu’un moteur thermique peine à atteindre les 35% dans ses meilleures régimes. Cette technologie permet de faire de la récupération d'énergie au freinage et donc contrairement au moteur thermique d'être encore plus économique en zone urbaine et péri-urbaine. Il est donc évident de largement plébisciter la mobilité électrique mais dans les conditions suivantes : Tout d’abord il faut poursuivre le déploiement des transports collectifs électriques comme le train, le tram, les bus ... Ensuite, il faut travailler sur l’axe sobriété en réduisant la taille des véhicules ainsi que leur poids. Il faut aussi concevoir des produits facilement réparables, rétrofitables avec une large part de composants recyclés. Enfin, il faudra développer les infrastructures nécessaires à la production et à l’approvisionnement et l’énergie électrique. Est-ce que la population française est prête à accepter le déploiement de nouvelles centrales nucléaires sur leur territoire alors que le sujet fait l’objet de vifs débats depuis maintenant 40 ans ? L’éco-innovation n'a pas vocation à répondre à toute les questions sociétales que les technologies actuelles ou futures vont engendrer. Cependant, l’éco-innovation participera à rendre les nouvelles technologies légitimes et les organisations beaucoup plus vertueuses. Dans tous les cas, les conseils en éco-innovation permettent aux entreprises d’avoir une vision éclairée sur les bénéfices de telle ou telle innovation sur notre environnement actuelle et notre futur. Avant de développer votre innovation, penser à vous faire accompagner. Du diagnostic à la définition de votre stratégie, soyez en phase avec les attentes sociétales et environnementales de vos clients. C’est l’opportunité pour vous, pour vos collaborateurs et pour vos fournisseurs de rentrer dans une nouvelle dynamique d’innovation durable, c’est une nouvelle histoire à construire à laquelle votre entreprise peut largement participer. Quelle que soit notre activité, nous pouvons contribuer à la construction d'un modèle économique plus soutenable grâce à l'éco-innovation.

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